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Biographie

*1982 à Roman, Roumanie. Vit et travaille à Paris.

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Formation

2015-16   Maîtrise Photographie et Art Contemporain, Université Paris VIII, Saint-Denis
2014        Formation continue, techniques photographiques, Les Gobelins, Paris
2002-04   Şcoala Populară de Arte “Tiberiu Brediceanu”, Braşov, Roumanie
2000-04   Facultatea de Sociologie, Universitatea Transilvania, Braşov, Roumanie

Prix

2008       Deuxième prix Et pourtant elle tourne, décerné par Le Monde et France Inter

Expositions (sélection)

2018      La chaise vide, Villa Belleville, Paris
Continuum,Université Paris 8, Saint Denis

2017       La petite collection, Galerie Bertrand Grimont, Paris
               La dimension de la maquette, Fonderie Kugler, Genève
                «moyens lègers», Le Marchal, Paris
               Continuum, Galerie de la Maison des initiatives étudiantes, Paris
2016       L’objet photographique, Galerie Immix, Paris, commissaire: Bruno Dubreuil
               Festival Circulation(s), Le Centquatre, Paris
               L’aventure du trait. Exploiter ou explorer.Université Paris I Panthéon Sorbonne
               Papier Machine, « Penser / Classer », Université Paris 8, Saint Denis
2015       Portes de Paris, Just Another Photo Festival, New Delhi, Inde
               Portes de Paris, Galerie Le Petit Espace, Paris
2014       Paris mon amour, CP5 Le Shakirail, Paris
2012       Carnet de charbon, Galerie rue de l’Exposition, Paris
2010       Le platz des roms, Visa Off, Perpignan,
               I am, We are, Esplanade Charles de Gaulle, Montpellier
2008       Bucarest Bus, Mois de la Photo Paris, FNAC Toulouse
2007       Bucarest-figures de style, Rencontres Franco-Roumaines, Sète

Livres
2015       Portes de Paris, Editions Filigranes, Paris, 100 exemplaires
2013       Carnet de charbon, Editions Filigranes, Paris, 170 x 240 cm, 800 exemplaires
2008       Quoi qu’on en dise, Editions Chèvrefeuille Etoilé, Montpellier

Catalogues
2016       Circulation(s), Editions Le bec en l’air, Marseille
2008       Mois de la Photo, Editions Actes Sud Beaux Arts / Maison Européenne de la photographie, Paris

 

 

 

 

Les carnets de Gabriela Lupu sont autant de propositions d’arrachement de la photographie à sa valeur documentaire. Pourtant quand on prend le temps de tourner les pages de ces cahiers, c’est une réflexion plus ambiguë que l’on entrevoit : celle de la transposition du dessin sur le réel. Est-ce le dessin qui nourrit l’image photographique ou l’image elle-même qui se dissout dans le dessin? Certains dessins et collages sont réalisés d’après une photographie prise par l’artiste alors que d’autres renvoient directement à ce que l’artiste voit devant elle, ce qui crée des compositions complexes pour l’œil.

Les collages sont des bricolages astucieux qui viennent répondre à la forme étrange et fragile de ces carnets. Ce ne sont pour autant ni des brouillons ni des fragments mais bel et bien une réflexion artistique « mise en dessin » qui au fur et à mesure du temps tisse une poétique subjective de l’archive. La ligne du dessin semble marquer la frontière entre le réel et l’imaginaire. Schémas et croquis constituent des fragments à la polysémie singulière, qui se révèlent être une nouvelle forme du journal photographique.

« Pourquoi faites-vous des carnets plutôt que des oeuvres monumentales? » est la question qu’un galeriste avait posée à Gabriela Lupu, manifestement gêné d’avoir face à lui ces artefacts difficiles à considérer comme des objets autonomes. Les oeuvres présentes dans l’exposition répondent directement à cette injonction. Sortir du croquis pour réaliser des grands formats n’est pas sans conséquence. Gabriela Lupu semble avoir choisi de prolonger la réflexion autour d’un travail plus pictural. Ainsi, photographie et dessin se mêlent et attirent le regard comme une affiche abstraite au travers de laquelle la composition ménage un espace d’indétermination.

La relation d’échelle entre les carnets présentés sur l’établi et les grands formats exposés au mur entend répondre à la volonté d’accorder au dessin la place d’un medium double de la photographie. Ainsi, la pratique de la photographie exercée par Gabriela Lupu nourrit une pratique graphique et inversement, jusqu’à mettre les deux médiums sur le même plan.

Guslagie Malanda, « moyens légers », 2017

 

 

Dans ses « Systèmes de surface », l’artiste sculpte une surface d’argile qui génère aussi ses propres formes. Le procédé prend deux formes particulières. Dans la première, un drap retient une masse d’argile en suspension enroulée dans un drap. Les cordes qui la soutiennent sculptent cette matière pendant sa solidification.Dans la seconde forme, l’artiste inscrit des traces sur une surface d’argile qui perdurent puis disparaissent. Ce processus n’est pas visible et les photographies constituent les traces de cet évènement. À travers ces systèmes de surfaces, Gabriela Lupu révèle une mise en abîme de la photographie comme outil pour enregistrer le réel. Elle insiste sur la relation qui se produit entre l’artiste et son outil et montre la part d’inattendu entre le geste de l’auteur et l’autonomie d’un mécanisme.

Gabriela Lupu est née en Roumanie. La photographie est le médium privilégié de cette artiste qui a réçu une formation dans ce domaine après avoir étudié la sociologie en Roumanie. Dans son travail, la photographie dialogue aussi avec d’autres médiums comme le dessin ou la sculpture. Elle peut être utilisée comme le point de départ d’une observation du réel ou devenir le sujet même de sa création. Gabriela Lupu puise dans l’histoire de ce domaine des références dont elle réinterprète et réactualise les codes. Cette démarche prend la forme d’une exploration en profondeur du médium. Ses images souvent produites par séries, font apparaître les variations qui s’opèrent à partir d’un même cadre.

Sarah Boubé, Continuum, 2017